Cover

Réunies virtuellement, les infirmières du monde entier soulignent l’importance de l’unité, de la solidarité et de la collaboration face à la pandémie de COVID-19

15 Juillet 2020


Les associations nationales d’infirmières membres du Conseil International des Infirmières ont tenu une réunion virtuelle le mois dernier pour discuter de l’état de la profession et de la planification de l’après-COVID-19. Lisez le rapport complet ici.

La traditionnelle réunion bisannuelle des associations nationales d'infirmières (ANI) membres du Conseil International des Infirmières (CII) s'est tenue virtuellement pour la première fois, le 19 juin 2020, avec plus de 65 ANI et plus de 120 délégués.

Les réunions ont permis d’entendre les rapports d'une trentaine d'associations d’infirmières, donnant un aperçu des défis auxquels les infirmières ont été confrontées pendant la pandémie et soulignant les questions qui devront être abordées dans les années à venir.

Un grand nombre d’infirmières ont été infectées par le COVID-19, et beaucoup sont malheureusement décédées, et les associations ont déploré un manque de quantité suffisante d’équipements de protection individuelle et de haute qualité appropriés a été signalé dans toutes les régions du monde.

Dans certains pays, les infirmières n’ont reçu que des gants et des masques pour soigner les patients COVID-19, malgré les risques encourus et les recommandations insistant sur la nécessité de porter une visière et une blouse de protection, moyens essentiels dans de telles situations. Il a été souligné que les pays doivent absolument se préparer au risque d’une deuxième vague de COVID-19 ou d’une nouvelle pandémie à l’avenir, cette préparation est le seul moyen pour que les pays puissent remplir leur obligation de protéger le personnel infirmier et leurs patients.

Les infirmières de nombreux pays sont confrontées, à la violence et aux agressions pendant la pandémie, au prétexte qu’elles infecteraient leurs propres communautés. Une telle violence est totalement inacceptable et le CII a demandé aux gouvernements de protéger leurs infirmières et de traiter les auteurs de ces actes comme il se doit. Des messages de santé publique clairs sont indispensables pour combattre l'ignorance qui est à l'origine de ces attaques

D’autres questions importantes pour la profession ont été soulevées lors de la réunion, notamment la pénurie mondiale de personnels de santé, que le Rapport sur la situation du personnel infirmier dans le monde évalue à six millions d’infirmières ; la nécessité d'une meilleure formation des dirigeants; et de plus grandes possibilités pour les infirmières d’assumer des rôles avancés, une démarche qui peut améliorer l'accès des patients à des services qui ne seraient pas disponibles autrement.

Parmi les autres sujets abordés lors des réunions figuraient, la nécessité de prendre conscience du racisme dans les soins de santé et infirmiers, et de le considérer comme une crise de santé publique devant être traitée partout.

De nombreuses ANI ont constaté que le travail des infirmières pendant la pandémie les avait révélées comme une ressource précieuse aux yeux du public. Cette reconnaissance devrait être mise à profit non seulement pour garantir que les infirmières soient traitées avec le respect qu'elles méritent, et que ce respect se traduise par des avantages tangibles, tels que l'amélioration des conditions de travail et des salaires.

Les infirmières présentes à la réunion ont demandé un plus grand respect pour les personnes âgées, dont beaucoup n'ont pas reçu de soins optimaux pendant la pandémie.

La Présidente du CII, Mme Annette Kennedy, a donné un bref aperçu des travaux et des priorités du CII, et a déclaré que la pandémie avait offert au CII de nombreuses occasions de s'adresser directement au Directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Dr Tedros, de même qu’à d'autres personnalités de haut niveau, et avait contribué à mettre les infirmières et les soins infirmiers à la une des médias internationaux.

Mme Kennedy a ajouté que « Cette réunion virtuelle a permis aux infirmières du monde entier de parler librement de leurs préoccupations et de souligner combien il est important, pour la grande famille des infirmières, d'être soutenue par leurs gouvernements et par les personnes qu’elles servent. La perte de tant d'infirmières à cause de la pandémie est une tragédie. Et pourtant, en dépit du danger, les infirmières du monde entier n’hésitent pas à assumer leurs responsabilités partout où elles sont sollicitées, au prix souvent de grands risques personnels. Il est inacceptable d’exiger des infirmières qu'elles travaillent dans des environnements dangereux sans protection personnelle adéquate et j'appelle une nouvelle fois les gouvernements à remédier immédiatement à cette situation. 2020 n’était pas l'année à laquelle nous nous attendions, il n’en reste pas moins qu’elle s'est vraiment révélée être “l'année de l'infirmière” ».

Le Directeur général du CII, Howard Catton, a ajouté que le CII continuait à collecter des données sur les taux d'infection et les décès d’infirmières imputables au coronavirus. « Nous continuerons aussi longtemps que nécessaire », a-t-il assuré. « Nous demandons aux gouvernements de collecter systématiquement ces données et de les centraliser auprès de l'OMS, ce qui nous mettra en meilleure position pour protéger les infirmières et les patients dont elles ont la charge. »

Télécharger la communiqué ici.