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Journée internationale des infirmières: Étude de cas de la semaine

3 Février 2020


Formation d’infirmières aux principes de base des soins oncologiques : Kenya

Contributeur: Wambugu Immaculate

Kenya cancer careLe cancer est la troisième cause la plus importante de décès au Kenya, mais on compte dans tout le pays moins de 60 infirmières ayant reçu une formation officielle en oncologie. Le seul moyen de garantir des soins de qualité élevée aux patients atteints de cancer est de miser sur les formations spécialisées, en dotant les effectifs infirmiers existants des compétences voulues pour prodiguer de tels soins.

Le Département chargé de la formation complémentaire à la Faculté des études de la santé de l’Hôpital de Nairobi organise des cours de formation continue à l’intention des infirmières de l’hôpital.

À l’époque du projet, l’hôpital n’employait que trois infirmières diplômées en oncologie alors qu’il prend en charge plus de 3 000 patients atteints de cancer chaque année. Les autres infirmières de l’hôpital se formaient sur le tas aux soins oncologiques et à la chimiothérapie, en dehors de tout programme d’enseignement formel leur permettant d’acquérir les aptitudes et compétences essentielles. Par conséquent, les soins dispensés aux patients étaient incomplets et les normes de sécurité pour la chimiothérapie n’étaient pas toujours respectées.

Face à ce problème, une formation a été mise au point recouvrant les notions clé liées à la maladie en tant que telle, les protocoles de sécurité pour les chimiothérapies et les soins à prodiguer aux patients en chimiothérapie.

En juin 2019, 15 infirmières des services médicaux et chirurgicaux de l’hôpital et du centre de traitement oncologique ambulatoire ont suivi une formation de 10 jours, intitulée Fundamentals of Cancer Care for Nurses (Formation des infirmières aux principes de base des soins oncologiques).

Les patients atteints de cancer s’attendent à recevoir des soins de qualité à base d’interventions permettant une évaluation rapide, le traitement, la reconnaissance et l’atténuation des effets secondaires. Ces infirmières joueront le rôle d’ambassadeur dans leur service : elles seront en première ligne de la prestation de soins oncologiques de qualité élevée aux patients de l’hôpital.

La formation, combinant théorie et pratique, a été entièrement financée par l’hôpital, organisée par la Faculté des études de la santé et dispensée par des spécialistes du domaine. Les sujets couverts ont été :

  • Évolution de la maladie cancéreuse
  • Facteurs de risque, dépistage, diagnostic et prévention du cancer
  • Modalités de traitement du cancer
  • Chimiothérapie, classification des médicaments, effets secondaires, administration, sécurité de l’administration de la chimiothérapie
  • Thérapies d’appui aux patients atteints de cancer
  • Soins palliatifs et gestion de la douleur
  • Soutien psychosocial associé aux soins oncologiques
  • Urgences oncologiques Les participants ont passé un test de connaissances avant et après la formation, montrant une amélioration des notes moyennes de 75 % à 95 %.

La formation donne déjà des résultats observables au niveau des soins oncologiques à l’hôpital :

  • Un plus grand nombre d’infirmières sont désormais capables d’administrer une chimiothérapie nécessitant un cathéter à chambre implantable, ce qu’elles n’étaient que quelques-unes à savoir faire auparavant.
  • Les infirmières sont mieux à même de se faire entendre en tant que catégorie de personnel et de demander l’équipement individuel de protection approprié dans leur service. Elles ont, par ailleurs, transmis leur savoir à d’autres.
  • Des précautions de sécurité sont maintenant en place, notamment la disponibilité immédiate de « spill kits » (kits de nettoyage).

Ce cours de formation continue montre que la formation à la sécurité pour l’administration des chimiothérapies n’a pas besoin d’être organisée au niveau national. Les hôpitaux peuvent très bien mettre en place leurs propres programmes à l’intention de leur personnel, avec d’excellents résultats pour leurs équipes comme pour les patients. Une formation courte, pour acquérir des connaissances pouvant ensuite être répercutées aux collègues, prend moins de temps et est plus gérable du point de vue du personnel du service mobilisé le temps de la formation.

Il est prévu de procéder, six mois après la formation, à un bilan en bonne et due forme de ses impacts sur la pratique clinique.

Trouvez ici une présentation inspirante sur la collaboration pour renforcer les capacités en soins infirmiers en cancérologie au Kenya