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Contribution des Infirmières à la lutte contre la pandémie de COVID-19 au Libéria en 2020

21 Décembre 2021


Contribution : David S. Kollie (RN), Président de la Liberian Nurses Association

Dans notre dernière étude de cas hebdomadaire autour de la JII 2021, et pour célébrer la Journée internationale de la solidarité humaine, le 20 décembre, nous vous présentons ce récit motivant envoyé par David Kollie, Président de la Liberian Nurses Association.

IND2021 case study Liberia

Les personnels infirmiers du monde entier ont beaucoup contribué à la riposte contre la pandémie de COVID-19, et c’est aussi vrai pour les infirmières et les infirmiers du Libéria. En janvier 2020, quand les parties prenantes, les organisations non gouvernementales et le ministère de la santé du Libéria ont commencé à entendre parler de cette pandémie mondiale, les infirmières et les agents de santé du Libéria ont entrepris d’effectuer les recherches nécessaires et de mettre à jour leurs connaissances sur la pathologie, l'étiologie, le mode de transmission, ainsi que les mesures de prévention et de contrôle de cette infection.

En tant que président de l'association des infirmières et infirmiers du Libéria (Liberian Nurses Association, LNA), David Kollie a immédiatement mobilisé les équipes dirigeantes, notamment le responsable national des soins infirmiers et obstétricaux et le ministère de la santé. La LNA a obtenu un budget pour lancer la formation d’agents de santé de niveau intermédiaire dans les quinze districts du Libéria avant la propagation de la COVID-19 dans la sous-région de l'Afrique de l'Ouest.

Ce projet d'impact rapide sur le personnel de santé a permis aux agents de niveau intermédiaire (infirmières, sages-femmes, sages-femmes diplômées, assistants médicaux, techniciens de laboratoire et équipes médicales d'urgence) de tout le pays d'être en état d'alerte rapide et d'acquérir une compréhension professionnelle générale de la définition des cas de COVID-19, des manifestations cliniques, des mécanismes de prévention et de contrôle de cette nouvelle maladie. Cette mesure était importante pour la LNA, car il s’agissait de ne pas se retrouver dans une situation similaire à celle de l'épidémie de virus Ébola, face à laquelle certains agents de santé appelés à intervenir disposaient de connaissances et d’une compréhension limitées sur la maladie.

La LNA, en collaboration avec l'association nationale des sages-femmes, a pris des mesures proactives pour préparer les agents de santé de niveau intermédiaire. Le plan consistait à former rapidement les responsables de sections dans les différents comtés en tant que formateurs chargés, à leur tour, d’instruire leurs collègues. Cette formation serait axée sur la définition des cas, les signes et symptômes, le mode de transmission, le risque sanitaire, la prévention et les mesures de contrôle dans les communautés. La proposition de formation visait à soutenir les efforts de riposte du gouvernement. Malheureusement, l'acceptation de la proposition de formation faite par LNA a pris du retard, le virus ayant déjà atteint le pays. En conséquence, la direction de la LNA a demandé aux agences et aux ONG de l’aider à obtenir des EPI et des fournitures médicales destinés aux employés des établissements de santé.

Ce service fourni par la LNA était destiné à protéger les travailleurs de la santé qui se préparaient à lutter contre la COVID-19. Les infirmières et autres agents de santé ont reçu une formation, des masques, des seaux avec robinet et des désinfectants pour les mains, que la LNA a livrés dans la plupart des établissements de santé. Les infirmières ont acquis des connaissances et des compétences de gestion qui leur ont permis de travailler dans les unités de prise en charge spécialisées. Les mesures prises ont donné aux infirmières et aux autres agents de santé le courage et l'audace d'affronter la pandémie. La plupart des infirmières et des agents de santé qui ont été infectés par le coronavirus ont survécu.

La LNA a insisté auprès du gouvernement pour qu’il mette à disposition des EPI et des fournitures médicales, et qu’il octroie des indemnités de risque aux travailleurs de la santé, y compris aux infirmières. L’association a aussi recommandé :

  • que le gouvernement dispense une formation en amont à tous les agents de santé ;
  • que le gouvernement alloue un budget spécifique destiné à faire face aux prochaines épidémies ;
  • et que les associations et les syndicats de santé reçoivent des subventions pour éduquer et former leurs membres respectifs en cas d'épidémie.