Le 23 avril, le Dr José Luis Cobos Serrano, président du CII, a fait entendre la voix des infirmières du monde entier au Vatican, en prenant la parole lors d’un événement de haut niveau organisé par des ONG et consacré à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène (WASH) dans les structures médico-sanitaires.
Cet événement a réuni un groupe diversifié d’organisations non gouvernementales – comprenant des leaders mondiaux de la santé, de l’action humanitaire et de la société civile – afin de renforcer la collaboration et d’accélérer l’action en faveur du WASH, fondement de soins de santé sûrs et dignes. Se déroulant parallèlement à des discussions plus larges impliquant des partenaires confessionnels et internationaux, la réunion a souligné l’urgence de veiller à ce que tous les établissements de santé soient dotés des conditions de base nécessaires pour dispenser des soins en toute sécurité.
Représentant plus de 30 millions d’infirmières et infirmiers à travers le monde via le réseau du CII qui compte plus de 140 associations nationales d’infirmières et infirmiers, le Dr Cobos a délivré un message clair et convaincant : sans eau potable et sans assainissement, les systèmes d’attention à la santé ne peuvent pas fonctionner.
« Les soins de santé ne peuvent exister sans eau potable. C'est aussi simple que cela. »
Dans son allocution, le Dr Cobos a souligné la réalité quotidienne à laquelle sont confrontées les infirmières à travers le monde. De la prévention des infections et de l’accompagnement à l’accouchement à l’administration de traitements et à la protection des communautés, les infirmières sont au cœur de la prestation des soins — pourtant, on attend trop souvent d’elles qu’elles remplissent ces rôles essentiels sans avoir accès à l’eau potable, à un assainissement adéquat ou à une hygiène de base.
Il a également attiré l’attention sur les défis accrus dans les contextes fragiles et touchés par des conflits, où la destruction des établissements de santé compromet davantage l’accès à l’eau et à des conditions de soins sûres, exposant ainsi les patients et les professionnels de santé à un risque accru.
Fondamentalement, le Dr Cobos a présenté les infirmières non seulement comme des témoins de ces défis, mais aussi comme des leaders dans la lutte contre ceux-ci. Depuis les fondements de la profession de soins infirmiers modernes établis par Florence Nightingale jusqu’aux leçons tirées de la pandémie de COVID-19, les infirmières ont constamment fait preuve de leadership en matière de prévention des infections, d’hygiène et d’organisation de soins sûrs.
« C'est nous qui voyons où les infections prennent naissance. C'est nous qui savons ce qui fonctionne dans la pratique quotidienne. Et c'est nous qui restons lorsque les projets prennent fin. »
Cette expérience de première ligne, a-t-il souligné, fait des infirmières des partenaires indispensables pour élaborer des politiques et des investissements efficaces en matière d’eau, d’assainissement et d’hygiène (WASH). Cependant, leur expertise est trop souvent sous-utilisée dans les processus décisionnels.
Le Dr Cobos a appelé à un changement d’approche qui reconnaisse les infirmières comme des leaders, des éducatrices et des défenseuses et garantisse leur pleine participation à l’élaboration des politiques et à la planification des systèmes de santé. Il a souligné que le leadership nécessite des conditions adéquates : une voix dans les décisions, l’accès aux ressources et des partenariats solides.
Cette intervention a également renforcé les arguments économiques et de santé publique en faveur de l’action. L’investissement dans le WASH, a-t-il noté, n’est pas un coût mais l’un des moyens les plus efficaces de prévenir les infections, d’améliorer les résultats pour les patients et de protéger les professionnels de santé.
La participation du CII à cet événement témoigne d’un engagement clair à renforcer le rôle des infirmières dans l’ordre du jour mondial WASH, en rendant leurs contributions plus visibles et en veillant à ce que leur expertise éclaire les politiques et les investissements nécessaires pour bâtir des systèmes de santé plus sûrs et plus résilients.
« Lorsque nous soutenons les infirmières, nous protégeons les patients. Et lorsque nous garantissons l’accès à l’eau et à l’assainissement, nous rendons les soins de santé véritablement sûrs. »
Alors que l’attention mondiale se concentre de plus en plus sur le renforcement des systèmes de santé et la préparation aux pandémies, le message du CII est sans équivoque : l’eau potable, l’assainissement et l’hygiène ne sont pas facultatifs, ils sont fondamentaux. Et les infirmières doivent être au cœur des solutions.