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Le CII affirme qu’il relève de la responsabilité professionnelle des infirmières de se faire vacciner du fait de leur statut de modèle de référence et de source essentielle de conseils en matière de santé

10 Février 2022


Le nouveau Conseil d’administration du Conseil International des Infirmières (CII) a publié une Prise de position sur la vaccination contre la COVID-19, soulignant qu’il relève de la responsabilité professionnelle des infirmières de se faire vacciner ; l’inégalité persistante et déplorable de l’accès aux vaccins ; et la nécessité de protéger les infirmières de toute maltraitance.

Dans la nouvelle Prise de position sur les vaccins, le CII affirme sa confiance en la sécurité et l’efficacité des vaccins contre la COVID-19, et sa conviction que les infirmières ont un rôle fondamental à jouer pour renforcer la confiance du grand public dans les vaccins et encourager la population à se faire vacciner. Le CII déclare que les infirmières ont la responsabilité professionnelle de suivre les mesures de santé publique, y compris de se faire vacciner, pour se protéger elles-mêmes, protéger les patients qu’elles soignent et les systèmes de santé où elles travaillent.

La Prise de position invite instamment les gouvernements à faire davantage pour garantir l’équité en matière de vaccins à l’échelle de la planète, en particulier pour les personnes vulnérables, les infirmières et les aides, et appelle à mieux protéger les infirmières contre les actes de violence et de maltraitance dont elles sont victimes dans l’exercice de leurs fonctions d’éducation sanitaire et d’administration des vaccins.

Le Dr Pamela Cipriano, la Présidente du CII, a déclaré : « Les infirmières sont constamment plébiscitées comme les professionnelles en qui l’on a le plus confiance dans le monde, et elles jouent un rôle vital en dispensant des conseils de santé actualisés et factuels à leurs patients et aux collectivités. Les infirmières sont d’excellents modèles de référence, et présenter les vaccins contre la COVID-19 sous un jour positif ne peut être efficace que si elles sont elles-mêmes protégées par un vaccin. »

Depuis le début de la pandémie, le CII a inlassablement appelé à ce que les personnels de santé soient vaccinés en priorité, et a fait part de l’incidence disproportionnée qu’elle a eue sur les populations les plus vulnérables. Le CII reste profondément préoccupé par la lenteur du déploiement des vaccins, en particulier en Afrique.

Howard Catton, le Directeur général du CII, a déclaré : « La progression de la couverture vaccinale en Afrique se fait à tous petits pas, 85 % de la population n’a toujours pas reçu la première dose et moins de la moitié des agents de santé dispose d’un schéma vaccinal complet. Ce qui est également très inquiétant, c’est que seule 0,1 % de l’ensemble de la population africaine a reçu un rappel. Il s’agit d’une crise sur le plan moral, sanitaire et des droits de l’homme, et nous invitons instamment les gouvernements à prendre des mesures immédiates et durables pour garantir un accès équitable aux vaccins aux populations de tous les pays du monde. Cela suppose que les pays intensifient le partage des vaccins et que les entreprises lèvent la protection des brevets afin d’optimiser l’efficacité du financement et du soutien à la fabrication, la distribution et la livraison des vaccins. »

« Nous ne devons pas tomber dans le piège consistant à croire que la pandémie tire à sa fin. Il faut éviter l’illusion de sécurité, car les pays pris indépendamment ne pourront pas, à eux seuls, sortir le monde de la pandémie. »

Lors de la récente session de l’Assemblée mondiale de la Santé, le Dr Tedros a déclaré que 34 États Membres de l’OMS, la plupart dans la Région africaine et dans la Région de la Méditerranée orientale, n’ont même pas été en mesure de vacciner 10 % de leur population ; 85 % de la population africaine n’a pas encore reçu une seule dose de vaccin. Le CII craint que tout cela ne signifie qu’il est hautement improbable que la cible de l’OMS – à savoir que 70 % de la population mondiale soit entièrement vaccinée d’ici à mi- 2022 – soit atteinte.

L’inégalité saute aux yeux en regardant les données du Programme des Nations Unies pour le développement, indiquant que si près de 68 % des populations des pays à revenu élevé ont reçu au moins une dose de vaccin, la part tombe à moins de 12 % dans les pays à faible revenu.

Rappelant les cas de maltraitance dont les infirmières ont été victimes durant la pandémie, le Dr Cipriano a déclaré qu’à l’instar de ses collègues du Conseil d’administration, elle s’inquiète vivement du fait qu’une grande partie des cas de maltraitance sont à mettre en rapport avec les informations inexactes ou fallacieuses sur les vaccins : « Les infirmières ont été victimes de maltraitance et même d’agression physique durant la pandémie, et le climat délétère autour des vaccins a mis de l’huile sur le feu dans certaines situations. Nous savons tous que la profession infirmière peut être difficile, mais ajouter la violence et l’agression aux rigueurs du travail est tout à fait inacceptable. Le tribu physique et mental prélevé par la pandémie sur les infirmières est aggravé par la diffusion de mensonges irresponsables sur les vaccins et par le fait que les usagers passent leurs peurs et leur colère sur les personnes mêmes qui sont là pour les aider. Il doit être mis fin à la violence et à la maltraitance, et c’est aux pouvoirs publics de veiller à ce que leurs infirmières soient protégées et en sécurité. »

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