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Journée mondiale de lutte contre la bronchopneumopathie chronique obstructive : le rôle de l’infirmière praticienne dans la pratique interprofessionnelle et la santé générale

18 Novembre 2021


Collaboratrice : Yi-Ying Liu, infirmière praticienne, Kaohsiung Chang Gung Memorial Hospital, Taïwan

La Journée mondiale de lutte contre la BPCO est le 17 novembre. La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est une maladie pulmonaire chronique dont le symptôme est la réduction continue du débit d’air. Cette maladie est souvent négligée par les patients et les médecins. Environ 75 % des patients atteints de BPCO n’ont pas été diagnostiqués. Les symptômes de la BPCO s’aggravent progressivement et l’essoufflement survient lors de l’effort, entraînant au final des difficultés respiratoires, même au repos. Parce qu’elle est sous-diagnostiquée, quand elle prend des proportions graves, la maladie peut même être mortelle.

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Avec de toujours plus nombreuses sociétés vieillissantes, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime que la BPCO deviendra la troisième cause de décès en 2030.

Yi-Ying Liu, infirmière praticienne depuis près de 24 ans, racontre l’expérience vécue avec un patient de 67 ans atteint de BPCO, souffrant d’insuffisance respiratoire aiguë et hospitalisé neuf fois en six mois. Lors de la dixième hospitalisation, Yi-Ying l’a prise en charge. Bien que traité à l’oxygène, il respirait avec difficulté et n’arrivait pas à s’endormir le soir. Au cours des visites de contrôle quotidiennes, il baissait toujours le regard et gardait le silence, se contentant de hocher la tête ou de faire un signe de tête pour répondre aux questions des infirmières. Un matin, Yi-Ying lui a rendu une visite de routine pour vérifier si son état de santé s’était amélioré, elle a été surprise lorsqu’il lui a répondu péniblement : « Je n’irai pas mieux, laissez-moi mourir. »

Yi-Ying présumait que son état d’esprit (à l’échelle d’évaluation des symptômes brève) était susceptible d’atteindre le niveau « désespoir ». Après en avoir discuté avec le médecin traitant, elle a immédiatement consulté le médecin psychiatrique. Du lorazepam et de la morphine à faible dose lui ont été administrés pour soulager les symptômes de dyspnée. L’inhalothérapeute l’a aidé à faire usage de respirateurs non invasifs permettant de réduire ses efforts pour respirer.

Le patient a compris que son état allait s’aggravant et déclaré qu’il ne souhaitait pas être intubé pour un traitement d’urgence. Yi-Ying a donc contacté sa famille pour organiser une réunion familiale en vue d’une médecine palliative à l’hôpital. Il a vite été clair que la principale raison de son hospitalisation fréquente résidait dans le fait qu’il était seul et n’avait aucun membre de sa famille pour prendre soin de lui. Par conséquent, un service d’infirmières référentes a été organisé pour régler le problème des soins à long terme du patient. Après discussion avec le patient et son jeune frère, il a accepté le suivi des soins dans le service de soins respiratoires d’un autre hôpital local. Durant sa période d’hospitalisation, il a reçu des soins communs et des soins palliatifs pour sa maladie pulmonaire en phase terminale.

La dyspnée provoque une grave pénurie de calories et un mauvais apport nutritionnel, expliquant son faible indice de masse corporelle (IMC). Une sonde nasogastrique a donc été posée pour l’alimenter et pour que le nutritionniste puisse faire les ajustements diététiques adéquats. Lorsque l’état du patient s’est stabilisé, le service de rééducation est intervenu et le physiothérapeute lui a appris à faire des exercices de récupération pulmonaire. Après un séjour de plus d’un mois à l’hôpital, l’état du patient était stable et il a été transféré avec succès dans le service de soins respiratoires externe. Au bout de six mois, le patient n’avait besoin que de lunettes à oxygène pour respirer et avait pris quatre kilos. Lorsque Yi-Ying lui a rendu visite, il lui a souri et déclaré : « Merci beaucoup de m’avoir sauvé la vie. » Il n’est pas revenu à l’hôpital deux ans suivant sa sortie. Bien qu’il soit finalement décédé, Yi-Ying estime que la rapidité d’intervention lui a apporté une bien meilleure qualité de vie et une plus grande paix au cours de la dernière phase de sa vie.

À travers ce cas, Yi-Ying s’est rendu compte que l’infirmière praticienne est un membre indispensable de l’équipe médicale et qu’elle joue un rôle très important dans le domaine des soins cliniques. Les infirmières praticiennes s’appuient sur leur compétences d’observation minutieuses et fines et leurs connaissances professionnelles pour appliquer avec précision le modèle de soins transversaux aux cas cliniques, améliorant ainsi la qualité des soins comme la qualité de vie du patient, tout en réduisant les coûts de l’assurance maladie. L’équipe de Yi-Ying utilise ce cas comme un modèle de référence dans le plan pédagogique contextuel de soins transversaux destiné à aider les autres membres du personnel médical à suivre et à mettre en œuvre l’esprit et la valeur des soins de santé globaux de demain.

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