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Journée internationale des infirmières: Étude de cas de la semaine

3 Novembre 2020


Formation des patients, des parents et des soignants à l’utilisation des sondes d’alimentation, dispensée par des infirmières

Collaboratrice : Marina Vieira, Espagne

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Lorsqu’un nouveau-né a besoin d’une sonde nasogastrique pour se nourrir, cela peut alimenter la peur et l’anxiété chez les parents et les soignants. Un séjour prolongé à l’hôpital ne fait qu’accroître cette peur et de nombreux parents confrontés à cette situation se posent des questions sur leur capacité à s’occuper de leur bébé une fois chez soi. Pour gérer cette peur légitime, un groupe d’infirmières du service pédiatrique de l’hôpital Sant Joan de Deu à Barcelone, a aménagé un espace dans l’hôpital pour apprendre aux parents et aux autres soignants à nourrir les bébés avec une sonde, à la remettre en place si elle se retire et à manipuler la pompe d’alimentation en toute confiance.

On alimente par sonde nasogastrique les enfants qui ne sont pas capables d’avaler suffisamment de calories par la bouche. La sonde est insérée dans le nez ou la bouche et glissée dans l’estomac. Le lait maternel est ensuite introduit dans le tube et s’écoule dans l’estomac. De nombreux parents se sentent dépassés lorsqu’ils apprennent que leur enfant a besoin d’un tube d’alimentation. La formation leur apprend les étapes à suivre pour veiller à ce qu’ils soient prêts à appliquer la procédure une fois chez soi.

Montserrat Gutiérrez est l’une des infirmières à la tête de cette initiative. « De nombreux parents réclamaient de pouvoir retourner chez eux en vue de s’occuper de leur enfant en étant plus à l’aise, hors du cadre hospitalier. D’où l’idée de lancer un programme où nous serions sûres que les parents ont bien intégré les principes, qu’ils peuvent le faire en toute sécurité et ainsi rentrer chez eux », a-t-elle révélé.

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Le programme se compose de quatre leçons, de la plus élémentaire – apprendre à nourrir par le biais de la sonde –, à la plus complexe – apprendre à remettre en place la sonde si elle se retire. « Nous leur apprenons la façon de procéder, qu’ils comprennent spontanément ; le tout, c’est de leur donner les moyens pour qu’ils puissent le faire avec les meilleurs garde-fous possibles », a-t-elle ajouté.

Si l’équipe médicale juge que le patient candidat en a les capacités, l’infirmière dispense des cours pratiques individuels. « La plus grande peur des parents est que la sonde se retire. Nous leur montrons les risques existant et en cas de problème, comment tout arrêter. Nous les rassurons en leur disant que si la sonde se retire et qu’ils n’osent pas ou ne sont pas sûrs de pouvoir la remettre en place, ils peuvent toujours se rendre au dispensaire ou dans notre hôpital », a-t-elle conclu.

La pompe nasogastrique est généralement un outil temporaire, pour une période de trois à six mois. Ensuite, l’équipe apprend aux parents comment fonctionne un bouton de gastrostomie, car c’est la solution idoine à long terme.

Lorsque les patients quittent l’hôpital, une passerelle est établie entre l’hôpital et le dispensaire local afin que le personnel de ce dernier sache que les parents font partie du programme et puisse intervenir en cas de problème. Les infirmières ont la responsabilité pleine et entière de ce programme, du début à la fin. Elles veillent à ce que les parents et les autres soignants soient correctement formés pour manipuler et changer la pompe d’alimentation, et sont chargées de déterminer le moment où les parents sont fin prêts. Ainsi, les parents, les infirmières et l’équipe médicale n’ont aucun doute sur le fait que la famille peut rentrer chez elle avec son enfant, en toute sécurité.

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