Pas de préparation aux pandémies sans personnel soignant : le CII adresse un message fort aux Nations Unies alors que la déclaration sur les pandémies n’a pas été adoptée

Nations Unies
29 Septembre 2026
UNGA statement delivery

Le Conseil International des Infirmières (CII) a appelé les dirigeants mondiaux à accorder une priorité urgente à une préparation aux pandémies juste et équitable, en plaçant les professionnels de santé au cœur de cette démarche. Dans une déclaration prononcée le 25 septembre lors de la réunion de haut niveau des Nations Unies sur la prévention, la préparation et la réponse aux pandémies (PPPR), le CII a averti que la préparation aux pandémies doit commencer par le personnel de santé et être mise en place bien avant la prochaine crise.

Le CII a également réagi à l’échec de la réunion de haut niveau des Nations Unies sur la PPPR à adopter une déclaration politique, ainsi qu’à l’impasse persistante dans les négociations sur l’annexe relative à l’accès aux agents pathogènes et au partage des avantages (PABS) de l’Accord de l’OMS sur les pandémies, sans laquelle celui-ci ne peut entrer en vigueur.

Le président du CII, José Luis Cobos Serrano, a déclaré :

« Comme l’a souligné à juste titre le Dr Tedros, Directeur général de l’OMS, les retards dans la conclusion d’un accord auront un coût élevé pour tous les pays lorsque surviendra la prochaine pandémie. Reporter les mesures de préparation aux pandémies est un risque que le monde ne peut tout simplement pas se permettre. Nous ne devons pas oublier les douloureuses leçons de la COVID-19, au cours de laquelle au moins 115 000 professionnels de santé et de soins ont perdu la vie parce que le monde n’était pas préparé. L’épidémie actuelle d’Ebola en République démocratique du Congo nous rappelle brutalement que les professionnels de santé demeurent la première ligne de défense et qu’ils continuent d’être exposés à des risques faute d’une protection adéquate. »

« Les virus ne s’arrêtent pas aux frontières et n’attendent pas les diplomates. Chaque jour qui passe sans coopération ni accord mondial solide rend le monde moins préparé, et ce sont les infirmières et les autres professionnels de santé qui en paieront le prix les premiers lorsque surviendra la prochaine pandémie. Nous exhortons tous les gouvernements à mener ce travail essentiel à son terme : adopter une déclaration politique, approuver l’annexe PABS et mettre en œuvre l’Accord sur les pandémies, tout en investissant dans le personnel de santé qui protège le monde. »

Le CII a fait entendre avec force la voix des infirmières à l’Assemblée générale des Nations Unies (AGNU). Il était représenté lors de la réunion de haut niveau sur la PPPR par Josephine Agyei, présidente de l’Alliance du CII des étudiants et des infirmières en début de carrière, et par la Dre Donna Cill.

Lors de l’intervention du CII, la Dre Cill a averti que « nous ne pouvons pas laisser la fin de l’urgence liée à la COVID-19 marquer la fin de nos investissements dans la préparation aux pandémies ». Le CII a rappelé aux dirigeants mondiaux que les professionnels de santé sont confrontés à des pressions croissantes liées aux pénuries de personnel, au vieillissement rapide des populations, à l’augmentation des maladies chroniques, au changement climatique et aux crises humanitaires. Dans la perspective de la nomination du prochain Secrétaire général des Nations Unies, le CII a exhorté les futurs dirigeants de l’ONU à reconnaître que les professionnels de santé sont indispensables au bon fonctionnement des sociétés, non seulement pendant les pandémies, mais également face à l’ensemble des défis contemporains.

À l’issue de la réunion de haut niveau, Josephine Agyei, présidente de l’Alliance SECN du CII, a déclaré :

« Les étudiants en soins infirmiers et les infirmières en début de carrière d’aujourd’hui ont vu les professionnels de santé lutter contre la COVID-19 avec un courage extraordinaire, mais sans bénéficier de la protection, des effectifs et du soutien dont ils avaient besoin. En tant que génération qui sera en première ligne lors des prochaines urgences sanitaires mondiales, nous appelons les dirigeants à tirer les leçons de cette expérience, à s’engager en faveur d’accords internationaux solides et à ne pas nous laisser affronter la prochaine pandémie sans préparation. Les infirmières sont essentielles à la prévention des pandémies, à la surveillance, à la vaccination, à la prévention et au contrôle des infections, aux interventions d’urgence, aux soins de santé primaires et aux soins de longue durée, ainsi qu’à la résilience des communautés. Elles doivent disposer d’effectifs suffisants, être protégées, soutenues et préparées bien avant qu’une urgence ne survienne. »

Howard Catton, directeur général du CII, qui dirigeait la délégation du CII présente à l’Assemblée générale des Nations Unies, a déclaré :

« Des revers comme celui-ci ne doivent pas conduire à abandonner la coopération multilatérale. Bien au contraire : c’est précisément dans ces moments-là qu’il faut redoubler d’efforts et renforcer les institutions internationales capables de rassembler les nations, car aucun pays ne peut se protéger seul contre une pandémie. »


« La Déclaration politique va maintenant être renvoyée à l’Assemblée générale, et nous exhortons tous les États membres à saisir cette occasion pour l’adopter et traduire ses engagements en actions concrètes. Parallèlement, les négociations relatives au mécanisme PABS doivent aboutir afin de permettre l’entrée en vigueur de l’Accord sur les pandémies. L’accès aux agents pathogènes et le partage des avantages doivent reposer sur des engagements solides en faveur de l’équité en santé, afin de garantir que les vaccins, les tests de diagnostic et les traitements parviennent à toutes les personnes qui en ont besoin, où qu’elles vivent.

« Nous devons également garder à l’esprit qu’aucune politique ne peut produire de résultats sans les personnes qui la mettent en œuvre. Il ne peut tout simplement pas y avoir de préparation aux pandémies sans personnel de santé.»